Traverser le deuil : comprendre ce que l’on vit et avancer à son rythme
Dernière mise à jour : 19 août

Être confronté à la mort d'une personne que l’on aime vient profondément bouleverser notre vie. Il y a bien sûr l’absence, le manque, la douleur… mais aussi tout ce qui change autour de cette absence : nos habitudes, nos repères, nos projets, parfois même la façon dont nous nous percevons et imaginons l’avenir.
Lorsqu’on traverse un deuil, on aimerait parfois savoir comment faire, combien de temps cela va durer, ce qui est « normal » ou non. Pourtant, il n’existe pas de mode d’emploi du deuil. Chacun le vit à sa manière, avec son histoire, le lien qui l’unissait à la personne disparue, les circonstances du décès, ses ressources, son entourage et tout ce qui constitue sa vie à ce moment-là.
Traverser un deuil, ce n’est donc pas suivre un chemin tout tracé. C’est avancer comme on peut, parfois à petits pas, parfois avec l’impression de reculer, et apprendre petit à petit, à vivre avec une réalité que l’on n’a pas choisie.
NB : Si le deuil est souvent associé à la mort d’un être cher, il peut aussi être lié à d’autres pertes ou bouleversements de la vie. Je vous en parle dans mon article consacré aux deuils de vie.
Traverser un deuil, c'est quoi ?
Le deuil est un processus naturel d’adaptation qui se mets en oeuvre à la mort d’une personne avec laquelle nous avions créé un lien d’attachement. Lorsque cette personne meurt, ce lien est brutalement confronté à une nouvelle réalité : elle n’est plus physiquement présente.
Notre monde extérieur a changé, mais notre monde intérieur, lui, a besoin de temps pour intégrer cette absence. C’est notamment pour cette raison que les premières semaines ou les premiers mois peuvent donner cette étrange impression d’irréalité. On sait ce qui s’est passé et, pourtant, une partie de nous continue parfois à attendre un appel, à vouloir raconter quelque chose à la personne disparue ou à croire l’apercevoir au détour d’une rue.
Peu à peu, le travail du deuil consiste à intégrer cette nouvelle réalité et à trouver une autre manière de vivre avec le lien qui nous unit à la personne disparue. Il ne s’agit pas d’effacer ce lien. Il s’agit de lui permettre de trouver une autre place.
Combien de temps dure un deuil ?
C’est certainement l’une des questions que l’on se pose le plus lorsque l’on vient de perdre quelqu’un.
Et il n’existe pas de durée universelle.
Chaque deuil est unique parce que chaque histoire et chaque lien le sont également. Certaines périodes peuvent être particulièrement difficiles, puis laisser place à des moments plus apaisés. Et parfois, alors que l’on pensait aller mieux, une émotion très forte revient. Cela ne signifie pas que l’on régresse ou que l’on revient au point de départ.
Un anniversaire, une fête de famille, une chanson, une odeur, un lieu, une photographie ou simplement une pensée peuvent soudain réveiller le manque. Le temps qui passe joue bien sûr un rôle, mais le deuil ne se mesure pas au nombre de semaines, de mois ou d’années écoulés depuis le décès.
Avec le temps, le deuil ne disparaît pas : il se transforme.
Les émotions du deuil : accueillir ce que l'on ressent.
Lorsque l’on pense au deuil, on pense naturellement à la tristesse. Pourtant, elle est loin d’être la seule émotion qui puisse apparaître. Il peut y avoir de la colère, de la peur, de la culpabilité, un sentiment d’injustice, de l’impuissance, de l’incompréhension, parfois même une forme de vide ou l’impression de ne plus rien ressentir. Il peut également y avoir du soulagement, notamment lorsque la personne souffrait depuis longtemps. Et ce soulagement peut à son tour faire naître de la culpabilité.
Puis il y a parfois des moments de joie, un rire qui échappe, une soirée pendant laquelle on se sent bien… et là encore, la culpabilité peut surgir : « Comment puis-je rire alors qu’il ou elle n’est plus là ? »
Toutes ces émotions peuvent exister et parfois même se côtoyer.
Certaines personnes pleurent beaucoup, d’autres très peu. Certaines ressentent le besoin de parler, d’autres préfèrent le silence. Certaines ont besoin d’être entourées quand d’autres recherchent davantage la solitude.
Il n’existe pas une « bonne » manière de vivre son deuil. S’autoriser à accueillir ce qui est là, sans chercher systématiquement à le contrôler, à le juger ou à le faire disparaître, fait aussi partie du chemin.
Le deuil n’est pas un chemin linéaire
On entend encore souvent parler du deuil comme d’une succession d’étapes qu’il faudrait franchir les unes après les autres pour arriver, un jour, au bout du processus. Dans la réalité, le chemin est rarement aussi linéaire.
Un jour, vous pouvez avoir envie de voir du monde, de rire ou de vous remettre à faire des projets. Le lendemain, l’absence peut à nouveau prendre toute la place. Un anniversaire, une fête de famille, une chanson, une odeur, un lieu, une photographie ou parfois simplement une pensée peuvent réveiller brutalement le manque. Cela n’efface pas les moments d’apaisement qui ont précédé.
Le deuil ressemble davantage à un mouvement fait de vagues : certaines sont fortes et nous submergent, d’autres sont plus douces. Avec le temps, elles peuvent s’espacer, devenir moins intenses ou simplement plus familières. L’objectif n’est pas de ne plus jamais ressentir de tristesse. C’est, progressivement, de parvenir à redonner une place à la vie autour de cette absence.
Trouver ses propres repères pour traverser le deuil
Dans une période où tant de choses semblent avoir changé, retrouver quelques repères est essentiel. Il ne s’agit pas de chercher une méthode qui permettrait d’aller mieux plus rapidement. Il s’agit plutôt de rester attentif à ses besoins et de trouver, jour après jour, ce qui peut rendre le chemin un peu plus supportable.
Respecter son rythme et ses besoins
C'est souvent difficile de ne pas se comparer avec celui ou celle qui semble avoir repris sa vie très rapidement. À ce proche qui vit le même décès d’une manière totalement différente. Ou encore aux attentes, parfois implicites, de l’entourage. Pourtant, chacun avance à son rythme.
Il y aura peut-être des jours où vous aurez envie de parler et d’autres où vous préférerez rester seul. Des moments où vous vous sentirez capable de reprendre certaines activités et d’autres où les choses les plus simples vous demanderont beaucoup d’efforts. Écouter ces variations et respecter ses propres limites est important. Vous n’avez pas à vivre votre deuil comme quelqu’un d’autre.
Prendre soin de soi lorsque tout demande déjà beaucoup d’énergie
Le deuil est un processus éprouvant aussi bien émotionnellement que physiquement : Fatigue, difficultés à dormir, manque de concentration, perte ou augmentation de l’appétit, tensions physiques, baisse d’énergie… le corps peut lui aussi réagir à ce bouleversement.
Dans cette période, prendre soin de soi ne signifie pas forcément mettre en place de grandes choses. Cela peut simplement être se reposer lorsque le corps le réclame, sortir prendre l’air quelques minutes, essayer de manger suffisamment, marcher, accepter une invitation lorsque l’on en ressent l’envie ou la décliner lorsque l’on n’en a pas l’énergie.
C’est aussi accepter que nos capacités puissent être différentes pendant quelque temps. Parfois, faire moins c'est déjà beaucoup.
S’autoriser à parler de la personne disparue
Après un décès, l’entourage est souvent très présent dans les premiers temps. Puis, progressivement, la vie reprend son cours. Avec le temps, certaines personnes peuvent également hésiter à évoquer le défunt par peur de raviver la douleur. Pourtant, ne plus entendre parler de celui ou celle que l’on aime peut parfois être encore plus douloureux.
Prononcer son prénom, raconter une anecdote, partager un souvenir, regarder des photographies ou simplement pouvoir parler de ce qui nous manque permet de continuer à donner une place à cette personne dans notre histoire.
Si vous en ressentez le besoin, vous avez le droit de parler de celui ou celle qui est parti(e), même longtemps après son décès.
Continuer à faire vivre le lien autrement
La mort met fin à la présence physique, mais elle n’efface pas le lien qui continue d'exister. Au fil du temps, celui-ci peut se transformer. Les souvenirs, les valeurs transmises, une expression que l’on reprend sans même s’en rendre compte, une recette, une musique, un objet, une tradition familiale… tant de choses peuvent continuer à faire vivre intérieurement la relation.
Certaines personnes ressentent également le besoin de poser des gestes symboliques : écrire une lettre, allumer une bougie à une date particulière, créer un album, planter un arbre, retourner dans un lieu important ou inventer leur propre rituel. Il n’existe aucune obligation. Ce qui compte est de trouver ce qui a du sens pour soi. Continuer à vivre ne signifie pas oublier.
Se faire accompagner pour traverser un deuil
Il n’est pas nécessaire d’attendre d’être au bout de ses ressources pour chercher du soutien. Parfois, l’entourage est présent mais l’on n’ose plus parler de sa douleur. On peut avoir peur de se répéter, de peser sur les autres ou de leur faire de la peine. Parfois aussi, les proches sont eux-mêmes touchés par la perte et il devient difficile de parler librement ce que l’on ressent.
Être accompagné peut offrir un espace différent : un endroit où mettre des mots sur ce que l’on vit et que l'on ressent, accueillir ses émotions, mieux comprendre certaines réactions et retrouver progressivement ses propres repères.
Quand demander de l’aide ?
Il n’y a pas besoin d’attendre que la situation devienne insupportable pour se faire accompagner. Le simple fait de ressentir le besoin de parler à une personne extérieure peut être une raison suffisante.
Dans certaines situations, cependant, une vigilance particulière est nécessaire. Lorsque la souffrance devient très intense ou persistante, qu’elle empêche de fonctionner au quotidien, que l’isolement devient important ou que des idées suicidaires apparaissent, il est essentiel de se tourner vers un médecin ou un professionnel de santé mentale.
Vers quel professionnel se tourner ?
Il n’existe pas une seule forme d’accompagnement adaptée à tout le monde. Selon vos besoins et votre situation, vous pouvez vous tourner vers votre médecin, un psychologue, un psychiatre, une association spécialisée dans le deuil ou encore un professionnel formé à l’accompagnement du deuil.
L’essentiel est de trouver un espace dans lequel vous vous sentez écouté, respecté et libre d’avancer à votre rythme.
Quand le deuil se transforme : apprendre à vivre avec l’absence
Avec le temps, le deuil évolue. La personne que l’on aime ne revient pas, le manque peut toujours être là et certaines dates, certains lieux ou certains souvenirs peuvent continuer à raviver l’émotion, même des années plus tard.
Mais peu à peu, quelque chose se transforme dans notre manière de vivre avec cette absence. La douleur qui occupait parfois tout l’espace laisse davantage de place à autre chose. Une envie revient. Un projet apparaît. On rit spontanément. On se surprend à passer une belle journée ou à se projeter de nouveau dans l’avenir.
Ces moments peuvent parfois être accompagnés de culpabilité. Comme si retrouver de la joie ou continuer à vivre risquait d’éloigner un peu plus la personne disparue. Pourtant, continuer à vivre ne signifie absolument pas que l'on oublie. Le deuil n’efface ni l’amour, ni le lien, ni l’histoire partagée. Il nous amène progressivement à apprendre à vivre autrement avec eux. La personne aimée continue d’avoir une place dans notre histoire, dans nos souvenirs, dans ce qu’elle nous a transmis, dans certaines de nos façons de penser ou d’agir et parfois simplement dans cette présence intérieure que l’on continue à ressentir. Le lien ne disparaît pas avec la mort. Il se transforme lui aussi.
C’est bien pour cela que parler de « fin du deuil » n’a pas vraiment de sens. Certaines absences nous accompagnent toute une vie. Non pas avec la même intensité, ni avec la même douleur qu’aux premiers temps, mais comme une partie de notre histoire avec laquelle nous apprenons peu à peu à vivre.
Traverser un deuil ne signifie donc pas arriver quelque part où l’on ne souffrirait plus, où l’on ne penserait plus à la personne disparue ou où son absence ne nous toucherait plus.
C’est apprendre, à son rythme, à laisser coexister ce qui semble parfois impossible à réunir : le manque et les souvenirs, l’absence et le lien, la peine et les moments de joie, l’amour pour celui qui n’est plus là et la vie qui, doucement, continue.
Et si vous ressentez le besoin d’être accompagné(e)…
Le deuil touche à beaucoup de choses en nous. C’est pourquoi je vous propose un accompagnement qui ne s’arrête pas uniquement à ce que vous ressentez, mais qui prend en compte les dimensions émotionnelle, psychologique et énergétique.
Je vous accompagne avec mes différents outils, en m’adaptant à votre histoire, à ce que vous traversez et surtout à votre rythme, pour vous aider peu à peu à retrouver vos propres repères et à avancer avec cette absence.


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