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Comment aider une personne qui traverse un deuil, quand on ne sait pas quoi dire ?

21 sept.
8 min de lecture
Deux personnes assises côte à côte, illustrant le soutien et la présence auprès d’une personne en deuil.
Face au deuil, il n’est pas toujours nécessaire de trouver les bons mots. Parfois, être là suffit.

Lorsqu’une personne que l’on aime traverse un deuil, il n’est pas toujours facile de savoir comment l’aider. Que dire ? Que faire ? Faut-il parler de ce qu’elle traverse ou, au contraire, attendre qu’elle en parle elle-même ? Comment lui montrer que l’on est là sans être trop présent ? Et comment éviter cette phrase maladroite que l’on regrettera aussitôt après l’avoir prononcée ?


Ces questions sont légitimes. Parce que face à la souffrance de quelqu’un que l’on aime, il est naturel de vouloir trouver les mots qui pourraient l’apaiser.


Mais lorsqu’une personne traverse un deuil, qu’il soit lié à la mort d’un être aimé ou à une autre perte importante dans sa vie, elle n’a pas nécessairement besoin que vous trouviez les bons mots. Elle a surtout besoin que ce qu’elle traverse puisse être entendu et respecté. Et parfois, la chose la plus aidante que vous puissiez lui offrir est beaucoup plus simple : être là.



Un deuil n'est pas toujours lié à la mort de quelqu’un


Lorsque l’on parle de deuil, la première chose à laquelle on pense est naturellement la mort d’un être aimé. Mais le processus de deuil peut également se mettre en place lorsque nous sommes confrontés à une perte importante ou à un changement qui vient bouleverser profondément notre vie. Une séparation ou un divorce. La perte de sa santé ou de certaines capacités. Un licenciement ou la fin d’une vie professionnelle. Un projet qui n’aboutira pas. Un rêve auquel il faut renoncer. Un changement de vie qui oblige à laisser derrière soi une partie de ce que l’on connaissait.


Dans toutes ces situations, quelque chose n’est plus ou ne sera plus comme avant. Et la personne doit progressivement apprendre à vivre avec cette nouvelle réalité. Ces deuils peuvent être particulièrement difficiles à comprendre pour l’entourage parce qu’ils ne sont pas toujours identifiés comme tels.

Si vous souhaitez mieux comprendre ces différentes formes de deuil, je les développe plus largement dans mon article consacré aux deuils de vie.



Pourquoi, c'est si difficile de savoir quoi dire ?


Parce que lorsqu’une personne souffre, le premier réflexe de son entourage est souvent de vouloir l’aider à aller mieux. Trouver une solution. Rassurer. Donner un conseil. Essayer de montrer qu’il y aura un après. Mais certaines réalités ne peuvent pas être réparées. Vous ne pouvez pas ramener la personne qui est morte. Vous ne pouvez pas effacer une séparation. Vous ne pouvez pas rendre à quelqu’un la vie qu’il avait avant une maladie. Vous ne pouvez pas faire renaître un projet devenu impossible. Et surtout, vous ne pouvez pas enlever à quelqu’un la douleur de ce qu’il vient de perdre.


C’est souvent cette impuissance qui est difficile à vivre pour l’entourage. Alors, pour essayer d’aider, on cherche parfois à atténuer ce que la personne ressent. À lui montrer le positif. À lui rappeler tout ce qui lui reste. À lui expliquer qu’avec le temps, les choses finiront par aller mieux.


Mais, accompagner quelqu’un en deuil ne signifie pas nécessairement l’aider à aller mieux immédiatement. Parfois, cela signifie simplement être capable de rester à ses côtés pendant qu’il traverse ce qui, aujourd’hui, fait mal.


Vous n’avez pas besoin de trouver la phrase parfaite


Il n’existe pas de phrase magique capable de consoler un deuil. Et vouloir absolument la trouver peut parfois conduire à en dire beaucoup alors que quelques mots simples auraient suffi.

« Je suis là. »

« Je pense à toi. »

« Je ne sais pas quoi te dire, mais je peux t’écouter. »

« Si tu as envie de parler, je suis là. »


Dire que l’on ne sait pas quoi dire n’est pas une maladresse. Cela peut au contraire être une manière très sincère de reconnaître que l’on n’a pas de solution à apporter, mais que l’on souhaite malgré tout rester présent.


Certaines phrases peuvent blesser malgré de bonnes intentions


Les paroles maladroites sont rarement prononcées avec l’intention de faire du mal. Bien souvent, elles viennent justement d’une envie de rassurer ou d’aider la personne à entrevoir la suite.


« Il faut être fort. »

« Avec le temps, ça ira mieux. »

« Il faut maintenant essayer d’avancer. »


Après une séparation :

« Tu retrouveras quelqu’un. »


Après la perte d’un emploi :

« Tu trouveras certainement quelque chose de mieux. »


Face à la maladie :

« Il faut rester positif. »


Après l’échec d’un projet :

« C’est peut-être que ce n’était pas fait pour toi. »


Toutes ces phrases cherchent à ouvrir une porte vers l’avenir. Mais lorsqu’elles arrivent trop tôt, elles peuvent surtout donner à la personne le sentiment que ce qu’elle ressent aujourd’hui devrait déjà laisser la place à autre chose. Or elle n’en est peut-être simplement pas encore là. Elle a parfois davantage besoin d’entendre : « Oui, ce que tu traverses est difficile. »

Sans que quelqu’un cherche immédiatement à rendre la situation plus acceptable.


Ne cherchez pas à mesurer la légitimité de sa douleur


Une autre maladresse fréquente consiste à évaluer la souffrance de l’autre à partir de ce que la situation représente pour nous.

« Ce n’était qu’un travail. »

« Cette relation était terminée depuis longtemps. »

« Tu pourras toujours avoir un autre projet. »

« Au moins… »


Mais une perte ne peut pas être mesurée uniquement à partir de ce qui est visible. Un emploi peut représenter une identité, une sécurité, une place dans la société ou vingt années de vie. Une relation peut porter des souvenirs, des projets et tout un avenir imaginé. La perte de certaines capacités physiques peut bouleverser profondément la manière dont une personne se perçoit et envisage son avenir. Un projet qui n’aboutit pas peut emporter avec lui des années d’investissement et d’espoir. Et lorsqu’une personne meurt, le lien qui existait avec elle était unique.


Vous n’avez pas besoin de ressentir la même chose pour reconnaître que ce que l’autre vit est important pour lui. Il n’y a donc pas à comparer, à hiérarchiser ou à décider si une personne souffre « trop » par rapport à ce qu’elle vient de perdre.


Ne pas avoir peur de parler de ce qui a été perdu


Par peur de raviver la douleur, l’entourage peut parfois préférer éviter complètement le sujet. Après un décès, certains n’osent plus prononcer le prénom de la personne morte par peur de provoquer des larmes. Mais parler d’elle ne rappelle pas soudainement à la personne endeuillée qu’elle est morte. Elle le sait. Elle vit déjà avec cette absence.


Et cela vaut aussi, dans une certaine mesure, pour d’autres formes de deuil. Une personne n’a pas oublié sa vie d’avant parce que vous ne lui en parlez pas. Elle n’a pas oublié son projet, son travail, sa relation ou l’avenir qu’elle avait imaginé.


Éviter systématiquement le sujet peut même parfois renforcer le sentiment qu’elle doit désormais garder cette partie de son histoire pour elle. Si vous ne savez pas si elle souhaite en parler, vous pouvez simplement demander : « Est-ce que tu as envie d’en parler ? ». Puis respecter sa réponse.

Et si des larmes apparaissent, cela ne signifie pas que vous avez fait quelque chose de mal. Les larmes étaient probablement déjà là.



La présence compte plus que les mots


Les mots ont leur importance, mais soutenir une personne qui traverse un deuil ne repose pas uniquement sur ce que l’on va lui dire. La manière dont vous êtes présent, dont vous écoutez et dont vous respectez son rythme sont essentiels pour aider une personne qui traverse un deuil. Il ne s’agit pas d’être constamment auprès d’elle ni de chercher à anticiper tous ses besoins. Il s’agit plutôt de lui faire sentir qu’une présence est disponible, sans l’imposer.


Écouter sans chercher à réparer


Écouter véritablement quelqu’un ne signifie pas attendre qu’il ait terminé pour lui donner notre avis. Cela peut signifier accepter d’entendre plusieurs fois la même histoire. Les mêmes regrets. La même colère. Les mêmes questions. Les mêmes souvenirs.


Une personne peut avoir besoin de raconter, de revenir sur certains événements, d’essayer de comprendre ou simplement de mettre des mots sur ce qu’elle ressent. Vous n’avez pas nécessairement besoin de lui apporter une réponse. Vous pouvez simplement écouter. Sans comparer avec votre propre expérience. Sans lui expliquer ce qu’elle devrait ressentir. Sans chercher à donner du sens trop rapidement à ce qui lui arrive. Et sans essayer de lui montrer qu’elle devrait déjà regarder vers l’avenir.

Écouter, c’est aussi offrir à l’autre un espace dans lequel il n’a pas besoin d’aller bien pour nous rassurer.


Proposer des choses très concrêtes


Être présent peut également passer par des gestes très simples. Lorsqu’une personne traverse un deuil, certaines choses ordinaires du quotidien peuvent devenir plus difficiles : faire les courses, préparer un repas, s’occuper des enfants, effectuer certaines démarches, sortir de chez soi, ou même simplement trouver l’énergie nécessaire pour demander de l’aide.


C’est pourquoi, plutôt que de dire :

« Si tu as besoin de quelque chose, appelle-moi. »

vous pouvez proposer quelque chose de précis :

« Je vais faire des courses cet après-midi. Est-ce que je peux t’apporter quelque chose ? »

« Je peux récupérer les enfants mercredi si ça peut t’aider. »

« Je t’ai préparé quelque chose à manger, je peux te le déposer. »

« Si tu veux prendre l’air, je peux venir marcher avec toi. »


Une proposition concrète permet simplement à la personne de répondre oui ou non, sans avoir à identifier elle-même ce dont elle a besoin, à le formuler puis à oser le demander. Et si elle refuse, ce n’est pas grave, vous aurez simplement ouvert une porte.



Être là aussi lorsque le temps passe


Il y a souvent beaucoup de présence autour des grands bouleversements. Après un décès, les messages et les appels sont nombreux dans les premiers jours. Après une séparation, les proches prennent des nouvelles. Lorsqu’un diagnostic tombe ou qu’un événement vient bouleverser une vie, l’entourage se mobilise.


Puis les jours passent. Les semaines. Et progressivement, chacun reprend son quotidien ...


Pour la personne qui traverse le deuil, les choses ne suivent pas le même rythme. C’est même parfois lorsque l’agitation du début retombe que certaines émotions prennent davantage de place. Un message envoyé quelques semaines ou quelques mois plus tard peut alors avoir beaucoup de valeur.

« Je pensais à toi aujourd’hui. »

« Comment vas-tu en ce moment ? »

« Ça te dirait qu’on se voie cette semaine ? »


Après la mort d’un être aimé, certaines dates peuvent aussi être particulièrement sensibles : un anniversaire, les fêtes, la date du décès ou simplement un moment qui avait une signification particulière. Les dates symboliques existent aussi dans d’autres deuils : la date d’un mariage après une séparation, celle d’un projet qui aurait dû voir le jour, un événement professionnel auquel la personne ne participe plus…


Parfois, se souvenir est déjà une manière de dire : « Je sais que ce que tu as vécu compte encore. » Et si la personne refuse plusieurs invitations, continuer de temps en temps à lui proposer quelque chose peut lui permettre de sentir que la porte reste ouverte. Respecter son rythme ne signifie pas disparaître.



Alors, comment aider une personne en deuil sans avoir peur de mal faire ?


Il n’existe pas de mode d’emploi universel. Parce qu’il n’existe pas une seule manière de traverser un deuil. Chaque deuil est unique et chacun le vit à son rythme. Certaines personnes auront besoin de parler, tandis que d'autres auront besoin de silence. Certaines chercheront beaucoup de présence, tandis que d'autres auront besoin de solitude. Et leurs besoins pourront changer d’un jour à l’autre.


L’essentiel n'est donc pas de savoir exactement quoi faire ou quoi dire, mais plutôt  de rester attentif à la personne que vous avez devant vous. Si vous ne deviez retenir qu'une phrase de tout ce que vous venez de lire ce serait celle-là : écouter, respecter, proposer sans imposer, ne pas minimiser, accepter de ne pas pouvoir réparer, et continuer à être là lorsque le temps passe.


Vous n’avez pas besoin de connaître les mots parfaits pour soutenir quelqu’un qui traverse un deuil. Une présence sincère, une écoute véritable et le respect de ce que vit la personne sont parfois les choses les plus précieuses que vous puissiez lui offrir.



Parfois, le soutien des proches ne suffit pas


Il n’est pas toujours facile de savoir quand suggérer une aide extérieure. Mais si vous sentez que la souffrance de votre proche reste très envahissante, qu’il s’isole de plus en plus, qu’il n’arrive plus à retrouver ses repères ou que son quotidien devient particulièrement difficile, vous pouvez simplement lui proposer de se faire accompagner par un professionnel spécialisé dans le deuil. Sans insister ni décider à sa place : parfois, il suffit simplement de lui faire savoir que cette possibilité existe.


Si votre proche en ressent le besoin, je propose un accompagnement du deuil et des épreuves de vie, dans une approche globale qui prend en compte les dimensions émotionnelle, psychologique, corporelle et énergétique.



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